Trois générations de modistes, puis nous
Une boutique de la bastide qui a coiffé la ville pendant quatre-vingts ans, reprise sans être vidée ni repeinte.
Ce que nous avons gardé, ce que nous avons changé

Les formes de tilleul sont restées là où elles séchaient, numérotées à l'encre violette. Nous en avons compté quatre-vingts, aucune n'a bougé de son clou.
Le plancher de l'entrée avait cédé sous le passage : il a été refait à l'identique, en lames larges, par un menuisier du Cabardès.
L'arrière-boutique, où les chapeaux séchaient à plat, est devenue la salle de jeux : pas de fenêtre, une lumière basse, une acoustique douce.
- Quatre-vingts formes
- Comptées, dépoussiérées, laissées à leur place.
- Soixante places
- Assises, sur deux services, jamais davantage.
- Sept tapis
- Montés dans l'ancien séchoir à chapeaux.
Ce qu'on nous demande en entrant
Les chapeaux sont-ils à vendre ?
Rien n'est à vendre : ce sont des formes de bois, pas des chapeaux, et elles appartiennent au lieu.
Peut-on visiter l'atelier ?
Le samedi vers 18h, avant l'affluence, quelqu'un fait volontiers le tour des étagères.
Y a-t-il une terrasse ?
Trois tables sous l'auvent, jusqu'à 22h, sans jeu de cartes dehors.
Faites-vous des soirées privées ?
Le lundi seulement, jour de fermeture, pour vingt personnes au plus.
Acceptez-vous les chiens ?
Les chiens guides, oui, partout. Les autres, sous l'auvent uniquement.
Trois principes qui n'ont pas bougé
- Une partie n'est pas un commerce : pas une mise, pas un gain, aucune dette qui traîne entre deux chaises.
- La carte suit ce que les halles ont donné le matin même, sans substitution de dernière minute.
- Ce qui appartient à la chapellerie y reste, jusqu'aux rubans de gros-grain rangés dans les tiroirs.